Jun 1, 2005

Culte de la (Molle) Huître Bleue

Le samedi venu, et afin d’oxygéner une dense sélection de Fulci recadrés et autres Return-to-Nam-movies, la comédie Académyque, fort en vogue aux alentours de 84, était rarement boudée.
D’autant qu’elle s’avérait sans risque puisque permise grâce à l’imparable Locatel’s touch : 4 locs payées = 1 loc gratuite !

Ainsi de l’exagérément mythique (et prétendu matriciel) Police Academy.
Seule comédie à avoir été essorée autant qu’un Jason ou qu’un Freddy (sept films et une série animée !), alors qu’elle peinait presque à mener à bien son premier opus, cette production fut un bien (trop) gros succès lors de sa sortie. Estime et box-office étaient, dites !, tout tourneboulés.
Remember !
Mahoney était alors le summum de l’irrévérence douce et souriante (Marty McFly était cool, Ferris Bueller était cool, Peter Venkman était cool, …Carey Mahoney devait être supercool !).
Tackleberry offrait l’archétype du facho dégénéré mais si sympa (!?)... et Hugh Wilson tricotait un film-genre pourtant réchauffé, poussif, devant lequel aucun rire, même calviniste, ne pouvait être réprimé.

Réchauffé oui car, au-delà même de procédés déjà épuisés sitôt les premiers Landis et Reitman/Ramis, un certain Garry Marshall (futur réal de Pretty Woman), en pondant en 82 son hautement mémorable Docteurs in Love, peut-être plus spoof, gribouillait le Dogme du genre à venir : la comédie Académyque (présentement dans un hôpital).

young_doctors_in_love

Irrévérencieusement chorale et platement communautaire, la comédie académyque consistait en l’évocation d’une bande (un casting d’anonymes souvent) de branleurs potaches, priapiques et surstéréotypés, aux prises avec une autorité, une administration, un système ridicule de rigueur inadaptée et pourtant opiniâtre.
La vie, quoi.
Et nous, devant, qui nous poilions. Grave.
Normal : la vie quoi. En mieux : justice slapstick !

Jusque là le genre s’était surtout contenté du seul contexte étréci des campus (Porky’s, Animal House,…), lui aussi laissé exsangue, et de celui des casernes (surtout chez les bidasses français), abandonné presque mort, sur le champ de bataille.
Mais rien ne nous interdisait de lancer un bon gros brainstorming pour trouver de l’apprenti teubé et roublard en masse hors des murs du lycée…
Dont acte et let the gaudriole play.
Mais.
Oui mais.
Car rien à voir avec la frange ZAZ (les conséquents et postmodernes Y’a-t-il … ?), ni même avec les inégaux Mel Brooks (parfois géniaux) ou les chase movies de Burt Reynolds/Hal Needham (et les comédies sportives en général), encore moins avec les Monty Pythons…
…à des années-lumières enfin des Bud Spencer & Terence Hill, la comédie Académyque n’aurait en commun avec ces tout derniers que la peau dure dans les souvenirs énamourés de petits vidéophiles nostalgiques en mal de rire replet.
Et symboliserait le summum de la comédie d’alors, ramassant large, sans effort et à peu de frais, les francs et les éclats de familles ne se retrouvant que pour dîner devant les frasques inoffensives et aux laborieuses inspirations (ne pas confondre, les amis, rythme et accumulation !) de ces apprentis roublards aux petits bras.

(soupir) Mahoney et ses potes semblent jouir d’un petit culte aujourd’hui, immérité.
On les place parmi les personnages des meilleures comédies vidéotimes, on les conseille aux plus jeunes, fans de Braïce ou de la pine aux pommes chaudes de Jim Levinstein (American Pie doit autant à John Hugues qu’à Hugh Wilson). Mais de qui se fout-on ?

Certes oui je triche et c’est bien le type d’aujourd’hui qui juge son énorme rire d’hier (le lieutenant Harris finissant la tête dans le cul d’un cheval !), mais j’accuse la comédie Académyque de ne pas avoir aidé son époque et ses compatriotes (le vernis bis, nanar ou Z lui étant par ailleurs étranger), nivelant sans cesse aucune vers le bas (la fausse impertinence !) et la monnaie facile. Sans instiller rien de novateur, de simplement valable.
Ou pire : d’intéressant.
Au fond allez ! ce que j’accuse, Zola de Locatel pour un temps encore, c’est de tout ceci la tiédeur.

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