Apr 27, 2005

My Brother and I

Lorsque les gars Jourd’hui et Mitchell firent diffuser par FR3 la version relief (on pouvait se munir des fameuses lunettes bicolores auprès des maisons de Presse) de L’Etrange Créature du Lac Noir (Arnold, 1954), mon frère et moi préférâmes la soirée concoctée par Antenne 2 qui repassait, déjà royale, Les Bidasses en Folie (Zidi, 1971).
Le lendemain ce fut non sans une certaine ostentation, un rien supérieure, que nous nous pavanâmes dans la cour de récré, fiers de notre indépendance intellectuelle (où le Goût n’a, d'aucune manière, d'exclusive place !).

C’est sans en avoir vu la moindre image que mon frère et moi jouions et rejouions sans cesse la séquence dite du Football Fight de Flash Gordon (Hodges, 1980), inspirés en cela par la face B, peu musicale mais pleine d’évocations, du 45t de Queen Flash : un vague pugilat d’une minute et vingt-huit secondes.

Par interdit parental nous ne vîmes tout d’abord pas, mon frère et moi, Rollerball (Jewison, 1975) lorsque la télé française le diffusa. Ce qui fit monter en nous la notion de culte pour ce prétendu concentré d’ultraviolence, qui s’avéra finalement bien plus étonnant dans ces instants hors-sport (l’anticipation sociale et politique étant tout aussi intrigante que celle de Soleil Vert (Fleischer, 1973) ou même de L’Age de Cristal (Anderson, 1976)), quand nous le dégustâmes enfin.
Nous parvînmes néanmoins à l’époque à en apercevoir quelques images motorisées, à l’insu de notre père qui, lui, n’hésita pas à s’envoyer sa dose de testostérone orangée.
Jo-na-than, Jo-na-than.

Mon frère et moi, lorsque nous vîmes pour la première fois Et la Tendresse ? Bordel ! (Schulman, 1978) n’en retînmes pas les mêmes images : il fut traumatisé par l’émasculation aux ciseaux, tandis que j’essayais des jours durant, comme de nombreux imbéciles sans doute, à sauter dans mon slip. Faire l’hélicoptère avec ma bite m’ayant semblé par trop farfelu…

C’est bel et bien par l’entremise de mon cadet, que mon frère (donc lui) et moi nous passâmes pour la première fois un porno. La Grande Lèche. Il s’était procuré la VHS (du haut de ses 14 ans) par le biais d’un camarade, Mickaël Gautier ou Fabrice Lange (fait ici évidemment démon…) qui, lui même, gnagnagna…
Le souvenir attendri qu’il m’en reste aujourd’hui me l’offre sous l’aspect d’un festival bon enfant (et « à hauteur d’homme ») d’orgies tout autant chaleureuses que savoureuses. A la bonne franquette.
Le poil et le bidon y étaient légion, les sapes en motifs de rideaux pléthore et l’érection bienvenue. Mais pas sommée. La performance ainsi était interdite de séjour, bienveillante époque !

Mon frère et moi trouvions bien ringards les morts-vivants du Commando des… susnommés (Wiederhorn, 1976), piètres nazis subaquatiques & photophobes, tout autant que ceux de l’Avion de l’Apocalypse (La Invasion de los Zombies Atomicos (?!), Lenzi, 1980), avec leur dégaine de demeurés furibards de s’être brûlé la gueule dans un vieux toaster pourri.
En revanche certains effets, à peine supérieurs, de 2019 Après la Chute de New-York de S.Martino en 83 (une opération oculaire) ou de L’Incroyable Alligator (Teague, 1980) nous laissèrent de plus durables traces, quasi-traumatiques alors.

Malgré la gène de nos parents et grands-parents nous accompagnant, mon frère et moi ne fûmes pas mécontents de goûter en salle (à l’André B.) aux climats délétères et incidemment gaudrioleux de films tels Canicule (Boisset, 1984) ou, dans une particulièrement moindre mesure un an pus tôt, de Pour 100 Briques T’As Plus Rien (Molinaro, 1982), les aréoles d’Anémone ayant suscité quelques toux embarrassées.

C’est par une bien spectaculaire (et fort regrettable) lâcheté que mon frère et moi dûmes feindre avoir trouvé La Petite Boutique des Horreurs (Oz, 1985), vue avec cousin et cousine, proprement stupide et ridicule alors que nous avions, secrètement apprécié ce film particulièrement séduisant, souvent drôle, plutôt inédit et de fort bonne facture.
La justice s’est depuis lors rétablie et lui (mon frère) et moi, lui vouons à ce jour un culte sans borne et en rien altéré.

A l’inverse, à la minute où finalement nous achevâmes son visionnage, alors même que pourtant la bande-annonce nous avait fait craindre le pire, nous eûmes de cesse, mon frère et moi, de défendre bec et ongle Mort sur le Gril (Raimi, 1985) devant quiconque.
Arrivé au lycée, je brandissais ledit film comme un summum de burlesque priapique en face duquel un ami, fort de son ibéropicarditude, vantait quant à lui les qualités prétendument supérieures de Bonjour les Vacances (Ramis, 1983), ce que je réfutais en bloc.
Je reconnus toutefois plus tard que le film où sévissait Chevy Chase n’était pas sans intérêt, oqué…

Une fois prochaine j’évoquerais peut-être combien, mon frère et moi, nous pûmes chérir une ribambelle de héros pour le moins douteux sinon ouvertement zarbis, de type Condorman (Disney/Jarott, 1981) ou surtout Buckaroo Banzai (The Adventures of Buckaroo Banzai Across the 8th Dimension !, Richter, 1984).
Enfin… surtout mon frère.

1 commentaires:

Vincent said...

Et bien, mon frère et moi, nous avions regardé l'Etrange Créature, mais avec un paire de lunettes pour deux, fournie par Télé7jours, je crois. Vous n'y avez rien perdu, on voyait aussi mal avec que sans, d'autant que nous avions toujours à l'époque une télé noir et blanc !
Sinon, on a quand même vu pas mal les mêmes choses au mêmes moments.