Mar 17, 2005

Ainsi de mes Treize...

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Christine sans doute stigmatisa l’allant: il me fallait ces putains de treize ans (au dessous desquels rien alors n'était possible).
Mais les choses avaient commencé avant.

C’était l’éveil de la vidéo personnelle, l'apparition des premières machines, énormes et familiales, des « formats» aux noms futuristes et pourtant déjà ringards: VHS, Betamax, V2000.
C’était le temps où Vidéo 7 (et son livret X) valait Les Cahiers, où la moindre cassette de Disney (sur le déclin pourtant) s’échangeait contre ses 1500 balles faciles, le temps des italiens infatigables et plagieurs, des jaquettes spectaculairement tapageuses et/ou mensongères, de Brigitte L. & Marilyn J., toutes cuisses ouvertes, sur la rangée du haut, et de Bebel, magnifique et peinard, sur toutes les affiches...
Le temps déjà des adolescents rois: avoir treize dans ces eighties naissantes, c’ était plus cool que vingt dans les Aurès !
Les photos de Mad Movies écœuraient les filles, les platées de fayots de Spencer et Hill nous faisaient étonnamment saliver tout comme les "softies" de Max Pécas, Marc Dorcel et Russ Meyer nous étant encore pour un temps (officiellement) inaccessibles.
Cannon, Embassy et Proserpine nous étaient plus familiers que Bordas et Nathan, les footballeurs avaient encore du poil au menton et parfois un gentil bedon (on pouvait gagner la Coupe de France sans trop courir, ainsi que perdre le Mundial avec quelques dents en moins): On voulait tout à la fois être Marty McFly et Dominique Rocheteau.
Nous savions n’ avoir plus rien contre cent briques et pourtant nous aurions payer cher une avant-première du Jedi revenu, fut-il décevant (ce que déjà il était !).
Les week-ends se faisaient rideaux fermés et tout y passait, des pépites aux crottes: le samedi matin, la visite au vidéo-club pouvait durer plusieurs dizaines de minutes. Il nous fallait repartir avec 5 ou 6 films, fantastiques principalement. Des mots-clés ? Zombies, Morts-Vivants, Dead, et j’ en passe… Des noms ? Hooper, Spielberg, Cronenberg, Romero, (Argento, Fulci et DePalma, bizarrement honnis alors seraient pour plus tard), mais aussi, confessons-le, Mel Brooks, les ZAZ (my kingdom for a Top Secret !), Zidi, Vocoret, Clair (et pas le René !)…
On ramait avec l'Eugénie d'Balzac (réévaluée depuis), mais Stephen King et Lovecraft ne nous tombaient jamais des mains, pas plus que les Strange Special Origines ou le métalliquement banané Lucien. Fleuve Noir bientôt nous ferait chavirer d’ aise avec sa colorée collection des Gore, flanquée des Russo et Houssin, qui nous deviendraient de précieux alliés nocturnes.
Nous abandonnerions peu à peu les Nombre de la Bête d’ Iron Maiden et les Cloches de l’Enfer d’ AC/DC, pour la synthpop arty-homo de Depeche Mode et tout le courant New-Wave/Neo-Romantic: boums et acné nous attendaient au coin du bois.
Le disco nous semblerait encore un peu trop beauf, la faute aux soirées dansantes de l’Amicale de Vélo, à Brezolles.
En revanche Pino Donnaggio et Jerry Goldsmith auraient déjà l’ heur de nous plaire, les Editions Milan compilant alors les meilleurs scores du Genre, sur des galettes aux pochettes parfois douteuses (la folie heroïc-graphic n’ ayant jamais été de mon goût), mais au tracklisting ouvertement - donc bienvenu - angoissant.
Revenus de la soirée à Brezolles, Le Commando des Morts-Vivants nous semblerait une pure arnaque (ce qui est inexact avec le recul), mais le climax explosif de Scanners s'userait sur la tête de lecture du magnétoscope un week-end entier...

… mais pour l’heure, putain d'putain, il me faut mes treize ans... car mercredi prochain sort Christine*.


* en réalité, le film de Carpenter, sorti le 25 janvier 84 en France,
ne devait passer que six mois plus tard dans mon cinéma,
l'André Bourvil de belle réputation, sis aux confins de la Beauce,
du Perche et de la Normandie, haute présentement

1 commentaires:

Sonic Eric said...

Nous étions un bon paquet à attendre les premiers pas d'El Mariako en blogger et on n'a pas été déçus. Le Proust de Saint-Rémy frappe très fort d'entrée !