L'endroit premier, que dis-je ? le bistrement moquetté sanctuaire !, avait opté pour la disposition labyrinthique de ses modules, segmentés par genres bien sûr mais imposant un circuit fait d'impasses (dont la plus réputée était celle ne retenant de l'expression « cul de sac » que son premier substantif, fait en ces lieux torves béni genre) et d'artères à emprunter plusieurs fois (le drame, les nouveautés exclusives), sournoises manœuvres ne prenant pas avec moi.
Mon coin d'election était cette alcôve anxiogène (parce qu'elle flanquait aussi le coin X, fatale sirène fredonnant derrière rideau rouge) réservée au cinéma fantastique. J'y passais pas moins d'une demie heure à chaque visite pour n'en ressortir qu'avec quatre ou cinq spécimens douloureusement choisis. S'emparer d'un titre ne consistant qu'à piocher une simple étiquette jointe aux boîtiers/jaquettes, ces derniers demeurant sur les rayonnages afin d'afficher perpétuellement l'entièreté du catalogue, il pouvait se faire qu'à cinq minutes du choix définitif, j'ai encore en main pas moins de douze ou treize références, déjà cruellement sélectionnées.
Car un procédé récurrent, quasi-ritualisé, me faisait tourner autour de nombre de titres, dont je saisissais même la petite étiquette (que je ferais battre distraitement avec le haut du pouce), et que je ne louerais jamais en définitive, au profit d'autres productions plus franchement élues, plus nettement retenues (parfois in extrémis !).
Valse-hésitation, jeu de la frustration,... j'ignore pourquoi je ne pouvais pas me défaire de cette habitude et la laissait de la sorte m'interdire toujours, peu ou prou, les mêmes titres (devenus cultes à mes yeux aujourd'hui pour ne les avoir jamais vus pour certains encore), en élisant d'autres, à peine plus justifiables, par opposition.
Pourquoi n'avoir ainsi jamais vu Humongous (Paul Lynch, 1982) ou White Zombie (oui le Lugosi de Victor Halperin, 1932, dissimulé derrière une hypnotique jaquette minimalistement mensongère) et élire sans trop de tergiversations la Course contre l'Enfer (Jack Starett, 1975) ou Réincarnations (Gary Sherman, 1982) ?
Pourquoi, chez Lucio Fulci, avoir régulièrement écarté (comme évoqué auparavant) L'Enfer des Zombies (chez Carrère Video - Lumières) et préféré La Maison Près du Cimetière (chez les même Carrère mais dans la collection SPV-Broadway) ? Est-ce pour avoir soupçonné plus insupportable Anthropophagous (Joe d'Amato, 1980) que la série faussement snuffeuse Face à la Mort (du pur culte baveux de VHS, à la complaisance crasse, orchestré par le surpseudonymé John Alan Schwartz depuis 1978), que je renonçais au premier pour m'embarquer laborieusement dans la seconde ?Le flou persiste, accentué par le temps, et seuls quelques titres ont eu droit depuis à un bienvenu (parfois !) rattrapage...

Le deuxième video-club qui engrangea mes francs par grosses poignées de vingtaines, tenu par un improbable couple de vieux homos dégarnis (et aléatoirement postichés (teinturés seulement ?)), ne changea guère mes habitudes ni cette étrange mise en scène présidant à l'élection de ma sélection hebdomadaire.
L'agencement des lieu était différent, offrant des "zones-cabines" à chaque genre (ne permettant guère la cohabitation entre plusieurs clients à la fois dans un registre donné !) - me le remémorant, je ne vois d'ailleurs plus où était localisé la X-zone (qui m'importait d'ailleurs peu) ! Le cinema d'horreur était tout de suite sur la gauche en entrant.
en hexagone (il devait encore s'enfoncer un peu plus avec le Retenez-Moi... ou Je Fais un Malheur ! de Michel Lang)) ou Michel Vocoret, passerait à la postérité de la gaudriole nationale, m'était en revanche permis samedi après samedi (je m'abstenais de dette dernière quête !). N'étant en outre pas un familier de l'autre Tropezien Max Pécas, hâtif symbole du nanar nudie à la franchouille et maîtrisant par trop négligemment la branche non-pornographique de l'œuvre d'Alain Payet...*, mon analyse eut été fort discutable. De toutes manières.C'est pourtant bien là que je louerais Brazil (Terry Giliam, 1985) ou Spinal Tap (Rob Reiner, 1984) ... mais aussi Zip ! (Zapped !, Robert Rosenthal, 1982) ou Electric Dreams (Steve Barron, 1984). Bon grain, ivraie... le palais se ferait avec le temps et la sensibilité de ce dernier ne sera guère orthodoxe... Peu surprenant, vu le régime.



























